réseaux sociaux instagram artiste 2022
Inspirations & humeur

Les réseaux sociaux

Je ne vais pas te mentir, Instagram me manque. Et parfois, ce n’est pas facile. Tu vois, Instagram ça a toujours été comme un amant pour moi. Je te parlais au début du mois dans un de mes emails privés, de retrouver sa créativité en douce. C’est ce que j’avais avec Instagram. Encore plus avec mon quotidien de maman où je profitais de 2-3 minutes de distraction de ma fille ou de faire la file à la caisse pour scroller mon téléphone ni vu ni connu.

Mais je me dois de rester honnête avec moi-même aussi, après 6 mois sans Instagram, je me sens vraiment beaucoup mieux. Toutes les raisons qui m’ont fait quitter Instagram en avril 2022 sont toujours extrêmement cohérentes. Je ne m’y sentais plus à ma place, je me sentais noyée dans la masse, je devenais accroc, et ma créativité était en berne.

Depuis quelques mois, je prends vraiment le goût et la saveur de cette vie « slow » et de ne pas avoir une espèce d’épée de Damoclès sur la tête : « Que vais-je publier aujourd’hui ? Quelle magnifique tour vais-je devoir faire pour tirer mon épingle du jeu ? » Parce que c’était de ça et c’est de ça dont il s’agit aujourd’hui : tirer son épingle du jeu. Et je me sens vraiment concernée par ce sujet.

J’écoute beaucoup de podcasts, je regarde beaucoup de vidéos et je lis beaucoup de livres à ce propos ces derniers temps. L’ère dans laquelle nous vivons est incroyable, pour bien des raisons. Nous n’avons jamais vécu aussi bien qu’aujourd’hui. La technologie, la médecine, le confort de vie, les droits humains… Bien sûr, tout n’est pas parfait, jamais rien ne le sera, mais je ne regrette pas une minute de vivre en 2022. Malgré tout ce qu’on voit, malgré tout ce qu’on lit.

Je repensais simplement à cette scène dans la série « La Chronique des Bridgerton » où Daphné demande à sa mère ce qu’il se passe lors de la nuit de noces. Que les filles de cette époque n’étaient pas informées de l’acte sexuel. Alors bien sûr, bien sûr, aujourd’hui les femmes ne sont pas encore totalement traitées à l’égal des hommes (loin de là), mais nous avons déjà tellement fait de progrès… Les femmes de 1813 seraient hallucinées de nous voir aujourd’hui…

À l’avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale.

Andy Warhol

Mais je m’éloigne de là où je voulais en venir. Nous vivons aujourd’hui une époque bien étrange où nous avons pour la plupart, cessé d’adorer des dieux, pour les remplacer par des êtres humains. L’être humain est au centre de tout. Est-ce pour un mieux ? Est-ce pour un mal ? Andy Warhol a dit « Dans le futur, nous aurons tous nos 15 minutes de célébrité » et il ne pouvait pas voir plus juste. Il hallucinerait lui aussi de voir TikTok ou Instagram. Des espaces où n’importe qui peut devenir une super star en un clin d’oeil.

Et c’est là que j’en arrive. Aujourd’hui, voilà ce que sont devenus les réseaux sociaux : un endroit où l’on peut devenir une star. Où l’on peut « réussir ». Où notre business peut devenir le nouveau Facebook. Où un chanteur peut se faire caster. Tout le monde peut avoir ses 15 minutes de gloire. Et je trouve ça merveilleux.

Mais… Et je vais sans doute radoter comme une vieille grand-mère, pour avoir vu la naissance de tous ses réseaux, je pense que l’on a oublié l’origine de leur création. Et que pour s’en souvenir, il faut revenir à leur dénomination. Réseau social. Social donc… Un lieu où se faire des amis, où créer une communauté, où trouver sa tribu. Facebook devait rassembler les étudiants d’un même campus. Instagram une application où l’on ne pouvait poster que des photos de son téléphone, carré, avec un vieux filtre vintage.

La célébrité s’en est mêlée. Du jour au lendemain, n’importe qui pouvait vivre le quotidien d’Eva Longoria, ou de Kim Kardashian. Et tout (et tout le monde) s’est mélangé. Les paparazzis ont cessé d’exister pour être remplacé par votre voisine Madame Dupont qui a vu l’autre jour Patrick Bruel faire ses courses au supermarché du coin.

Et depuis tout ça… Instagram me manque.

Pas l’Instagram de 2022. L’Instagram qui avait remplacé Hellocoton à l’époque (une plateforme de blog). Qui lui-même avait remplacé d’autres forums connus où je traînais.

Ce que j’ai toujours aimé à ma vie en ligne, c’est ça : l’esprit de communauté. Un endroit où je retrouvais « my people », « my tribe » pour partager ce que je savais. Pas pour devenir la nouvelle Andy Warhol. Mais pour être entourée de personnes qui parlaient mon langage dans un monde où je ne me sentais pas toujours à ma place. Un monde où j’avais toujours eu le sentiment de dénoter. D’être trop extravertie, et avec – a contrario – ce besoin vital d’être dans ma bulle. Dans mon cocon.

Ce sont ces raisons qui, à l’époque, m’avaient fait ouvrir un blog. Ces raisons qui m’avaient fait rejoindre Instagram…

Vous voyez ce que je suis en train de vivre ? Un « aha moment » comme disent les anglo-saxons. Ce moment où je comprends enfin pourquoi ça cloche. Et une fois que l’on a compris le « pourquoi », il nous faut passer au « comment ».

Comment faire quand les temps changent ? Quand nous avons plaqué notre boyfriend parce qu’on ne s’entendait plus ?

Je pense qu’il est important de retrouver les siens. De se sentir bien au sein de ceux avec qui on partage nos passions, nos rêves. De se retrouver, de partager, de communiquer. Je ne pense pas que la période actuelle rend les choses plus difficiles pour un artiste. Se faire connaître en tant qu’artiste a toujours été compliqué. Nous n’avons pas plus besoin d’écrivains aujourd’hui qu’il y a 100 ans. Et en même temps nous avons toujours eu besoin d’eux pour émerveiller notre âme.

Ce que j’ai compris ces derniers jours, alors qu’Instagram me manquait terriblement comme un ex petit ami toxique, c’est qu’il y aura toujours de la place pour moi quelque part. Mais qu’il fallait juste retrouver cette petite place. Les réseaux sociaux évoluent, changent, meurent (coucou MySpace). Un petit nouveau prendra la place, un autre partira. Aujourd’hui, je trouve mon compte sur Youtube, je chipote sur TikTok (histoire de comprendre l’engouement), je teste Vero et je prends plaisir à vous écrire ici ou sur la liste d’emails privés (voir ci-contre). Et cela changera encore ! Car c’est ce qui est merveilleux à notre époque. C’est que tout change. Et que tout peut changer. Nous ne serons jamais complètement coincés. Il y aura toujours une échappatoire, une petite lueur, même infime, pour nous aider à continuer.

Il est important de rester en mouvement. De s’adapter.

Aujourd’hui comme un berger, je tente de rassembler mon troupeau. Retrouver mes petits moutons (dans le sens positif du terme). Vous. Qui me donnez tant au quotidien. « Who raise me up ». L’aventure n’est pas finie, elle ne fait que recommencer.

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.